Barcelon’Art

l’art en mouvement

"Art galleries & foundations / Galerías de arte y fundaciones / Galeries d’art"

Une sélection personnelle de lieux d’exception où la création contemporaine, le patrimoine et l’émotion se rencontrent. B. Malice

Galeries d’Art

" Un tableau doit être comme des étincelles, il faut qu'il éblouisse comme la beauté d'une femme ou d'un poème [...] L'art peut mourir, ce qui compte c'est qu'il ait répandu des germes sur la terre."

Joan Miró

CCCB

Adresse :Montalegre, 5 | Barri Gótic

Tél.(+34) 93 306 41 00

Le CCCB (Centre de Cultura Contemporània de Barcelona) occupe les murs de l'ancienne Casa de la Caridad, sublimée par la réinterprétation élégante des architectes Piñón et Viaplana. Leur intervention fait dialoguer avec finesse la mémoire du lieu et une architecture contemporaine baignée de lumière, faisant du CCCB l'une des escales culturelles les plus captivantes de Barcelone. À l'image d'El Raval, le quartier qui l'entoure, l'adresse célèbre une métamorphose où patrimoine, créativité et avant-garde dessinent l'âme la plus vibrante de la ville.


Fundació Antoni Tàpies

Adresse :Carrer Aragó, 255 | Eixample

Tél.(+34) 93 487 03 15

Fondée en 1984 à l'initiative d'Antoni Tàpies, cette adresse incontournable invite à découvrir l'univers du maître catalan dans un écrin où patrimoine et création contemporaine dialoguent avec une remarquable fluidité. Installée dans une ancienne imprimerie imaginée par Lluís Domènech i Montaner, figure majeure du modernisme, elle séduit autant par son architecture baignée de lumière que par l'atmosphère contemplative qui accompagne chaque visite.
La Fondation réunit la plus importante collection consacrée à l'œuvre d'Antoni Tàpies, ainsi qu'une bibliothèque et un centre d'archives de référence dédiés à l'artiste et aux grands courants du XXᵉ siècle. Tout au long de l'année, une programmation d'expositions temporaires fait entrer en résonance son héritage avec les voix les plus stimulantes de la scène contemporaine, faisant de chaque visite une expérience toujours renouvelée.


Fundació Joan Miró

Adresse :Parc de Montjuïc s/n | Montjuïc

Tél.(+34) 934 439 470

Nichée dans les jardins de Montjuïc, la Fundació s'épanouit dans un écrin de lumière signé par l'architecte Josep Lluís Sert (1902-1983), dont l'élégante architecture moderniste épouse les courbes du paysage méditerranéen. Elle abrite près de 11 000 œuvres, dont 240 peintures, 175 sculptures et plus de 8 000 dessins, provenant des donations de Joan Miró, auxquelles s'ajoutent les précieuses collections de Joan Prats et de Pilar Juncosa, épouse et muse de l'artiste.
Au fil des galeries, la fontaine Mercurio captive instantanément le regard. Conçue en 1937 par l'artiste américain Alexandre Calder, cette fascinante fontaine de mercure rend hommage aux mineurs d'Almadén et demeure l'un des témoignages les plus poignants de l'engagement des artistes en faveur de la République espagnole.


Fundació Mies Van der Rohe

Adresse :C./ Provença 318, pral. 2B | Eixample

Tél.(+34) 93 215 10 11

Au pied de la colline de Montjuïc, la Fundació Mies van der Rohe veille sur un lieu devenu légendaire. Créée en 1983 par l'Ajuntament de Barcelona, elle est à l'origine de la renaissance du Pavillon allemand imaginé par Ludwig Mies van der Rohe (1886-1969) pour l'Exposition internationale de 1929. Démantelé à la clôture de l'événement, ce manifeste absolu de l'architecture moderne renaît entre 1983 et 1986, reconstruit avec une précision remarquable sur son emplacement d'origine, avant d'être préservé par plusieurs campagnes de restauration jusqu'en 2007.
Aujourd'hui, le Pavillon continue de fasciner autant qu'il inspire. Sous l'impulsion de la Fondation, ce chef-d'œuvre de verre, de marbre et d'acier devient un écrin pour la création contemporaine, accueillant expositions, installations, conférences et rencontres qui prolongent l'esprit visionnaire de son concepteur. Une programmation exigeante qui fait dialoguer l'héritage moderniste avec les pratiques artistiques d'aujourd'hui et attire architectes, designers et amateurs du monde entier.
C'est également ici que naît l'une des silhouettes les plus iconiques du design du XXᵉ siècle. Imaginé par Ludwig Mies van der Rohe avec l'architecte et designer Lilly Reich (1885-1947), le fauteuil Barcelona (modèle MR90) est conçu pour recevoir le roi Alphonse XIII lors de sa visite officielle. Avec sa structure en acier chromé, ses proportions parfaites et son revêtement de cuir, il dépasse le simple statut de mobilier pour devenir un symbole d'élégance intemporelle, où le raffinement se met au service de la plus grande simplicité.


Instituto Amatller de Arte Hispánico

Adresse :Passeig de Gràcia, 41 pral. | Eixample

Tél.(+34) 932 16 01 75

Franchir le seuil de la Casa Amatller, chef-d'œuvre moderniste signé Josep Puig i Cadafalch sur l'élégant Passeig de Gràcia, c'est pénétrer dans l'un des plus fascinants écrins culturels de Barcelone. C'est ici qu'en 1941 naît l'Institut Amatller d'art hispanique, fondé par José Gudiol Ricart grâce à la générosité de Teresa Amatller, héritière d'Antoni Amatller Costa (1851-1910), industriel, maître chocolatier, photographe passionné et grand collectionneur d'art, qui lègue la demeure familiale à cette ambitieuse institution.
Depuis plus de quatre-vingts ans, l'Institut cultive l'excellence dans l'étude, la recherche et la transmission de l'histoire de l'art et de l'architecture hispaniques. Derrière les boiseries sculptées et les détails raffinés de cette demeure emblématique se dévoilent une bibliothèque spécialisée de près de 25 000 ouvrages et une exceptionnelle photothèque de quelque 300 000 négatifs. Un trésor documentaire unique qui prolonge l'âme de la maison et invite les visiteurs à découvrir Barcelone sous le prisme de son héritage artistique le plus précieux.


La Pedrera

Adresse :Carrer Provença, 261-265 | Eixample

Tél.(+34) 902 20 21 38

La Pedrera, ou Casa Milà, est bien plus qu'un monument emblématique de Barcelone : c'est une œuvre vivante où Antoni Gaudí a repoussé les frontières de l'architecture. Édifiée entre 1906 et 1912 pour la famille Milà, cette icône du modernisme catalan fascine par sa façade ondoyante en pierre, ses balcons en fer forgé aux arabesques organiques et son spectaculaire toit-terrasse, peuplé de cheminées sculptées qui évoquent une armée de sentinelles veillant sur la ville.
Pensée comme un manifeste d'innovation, la Casa Milà dévoile tout le génie visionnaire de Gaudí à travers une structure révolutionnaire libérant les espaces intérieurs et un ingénieux système de ventilation naturelle, d'une modernité remarquable pour son époque.
Inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1984, elle invite à un voyage à travers des appartements d'époque, des combles aux voûtes sculpturales baignées de lumière, une exposition consacrée à l'univers de Gaudí et un toit-terrasse offrant l'un des panoramas les plus envoûtants sur les toits de Barcelone.


Sala Parés

Adresse :Carrer de Petritxol, 5 | Eixample

Tél.(+34) 933 18 70 20

Comptant parmi les galeries d’art les plus emblématiques de Barcelone, cette adresse confidentielle séduit par ses deux vastes espaces au design industriel subtilement réinventé. Plus de 40 artistes internationaux y dialoguent à travers une sélection exigeante, offrant un regard singulier sur la création moderne et contemporaine.
La galerie dévoile également un remarquable ensemble de peintures et de sculptures des XIXᵉ et XXᵉ siècles, complété par une collection privée de plus de 1 000 œuvres conservées en réserve. Un trésor discret qui confère au lieu une profondeur patrimoniale rare et une identité artistique résolument unique.

Théâtre-Musée Salvador Dalí

Au cœur d’un décor où le réel se dissout dans le rêve, plongez dans l’univers de Salvador Dalí. Désirs, métamorphoses et visions oniriques dialoguent avec les paysages de l’Empordà, sous le regard magnétique de Gala, sa muse absolue.

Salvador Dalí

Chronologie d’un surréaliste

Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech naît le 11 mai 1904 à Figueras, en Catalogne, neuf mois après la disparition de son frère aîné, Salvador, mort à l’âge de sept ans le 1er août 1903. Cette tragédie familiale marquera profondément l’artiste, qui se construira avec le sentiment d’être le reflet d’un autre lui-même : "Je suis né double. Mon frère, le premier essai de moi-même, génie extrême et donc non viable, avait pourtant vécu sept ans avant que les circuits accélérés de son cerveau ne s’enflamment." Dès l’enfance, son existence semble placée sous le signe du rêve, du mystère et de la réinvention.

En 1922, Dalí rejoint l’Académie royale des beaux-arts de San Fernando à Madrid et fréquente la Residencia de Estudiantes, haut lieu de l’avant-garde espagnole, où il se lie avec Luis Buñuel et Federico García Lorca. Cette période nourrit son goût pour l’expérimentation et la provocation. En 1923, il est brièvement arrêté dans un contexte de troubles politiques et étudiants. En 1926, son parcours académique s’achève brutalement lorsqu’il est définitivement exclu de l’école après avoir refusé de se présenter à un examen oral, déclarant que ses examinateurs n’étaient pas compétents pour juger son travail.

L’été 1929 bouleverse sa trajectoire. À Cadaqués, il rencontre Paul Éluard et son épouse Elena Ivanovna Diakonova, surnommée Gala. Entre eux, l’attachement est immédiat. Elle devient sa muse, sa confidente et sa partenaire artistique, une présence essentielle dans sa vie comme dans son œuvre. La même année, une violente dispute avec son père et sa sœur Anna-Maria, son modèle privilégié durant sa jeunesse, souvent représentée de dos face à une fenêtre, entraîne une rupture familiale définitive.

En 1930, Dalí et Gala achètent une première petite maison de pêcheur à Port Lligat, près du cap de Creus, un paysage sauvage de roches, de lumière et de mer qui deviendra le cœur battant de son univers créatif. Au fil des années, le couple agrandit progressivement cette demeure en acquérant les habitations voisines. Transformée en un labyrinthe intime ouvert sur la Méditerranée, la maison de Port Lligat devient l’un des lieux les plus emblématiques du surréalisme et le refuge où Dalí façonnera une grande partie de son imaginaire.

Salvador Dalí et Gala : la naissance d’un couple légendaire

En 1934, Salvador Dalí épouse civilement Gala à Paris, scellant l’un des partenariats les plus fascinants de l’histoire de l’art moderne. Muse, complice et véritable architecte de sa carrière, Gala devient dès lors une figure centrale de son univers créatif. Peu après, le couple traverse l’Atlantique pour rejoindre New York à bord du Champlain, un voyage rendu possible grâce au soutien financier de Pablo Picasso. Aux États-Unis, Dalí provoque l’émerveillement : son extravagance, son sens du spectacle et son imaginaire surréaliste révèlent au public américain une nouvelle manière de penser l’art.

En décembre 1934, après une réunion à Paris, les tensions avec le groupe surréaliste s’intensifient. André Breton finit par l’exclure du mouvement, notamment en raison de ses positions politiques jugées incompatibles avec l’esprit révolutionnaire du groupe. En 1936, alors que la guerre civile espagnole éclate, Dalí s’éloigne progressivement de son pays natal. La même année, le 18 août, Federico García Lorca, poète et figure majeure de l’avant-garde espagnole, est assassiné à Grenade.

En 1939, puis au début des années 1940, Dalí et Gala s’installent aux États-Unis pour fuir les bouleversements de la Seconde Guerre mondiale. Cette période américaine marque une nouvelle étape dans sa carrière : il réalise de nombreux portraits de personnalités influentes, collabore avec le monde du spectacle et développe également ses premières créations de bijoux. En 1948, après cet exil outre-Atlantique, le couple revient en Catalogne et retrouve Portlligat, ce refuge méditerranéen qui deviendra l’un des lieux emblématiques de son œuvre.

Les années 1950 et 1960 correspondent à une période de grande maturité artistique, durant laquelle Dalí explore la spiritualité, la science et les grands mythes avec des œuvres majeures comme La Madone de Port Lligat (1950), Le Christ de saint Jean de la Croix (1951) et /i>Corpus Hypercubus (1954), avant Le Toréador halluciné (1970). En 1956, il publie Les Cocus du vieil art moderne, un texte critique consacré à sa vision singulière de l’art contemporain. Le 8 août 1958, Dalí et Gala célèbrent leur mariage religieux au sanctuaire des Anges de Sant Martí Vell, près de Gérone, dans une cérémonie intime.

En 1964, Dalí reçoit la Grande Croix d’Isabelle la Catholique, l’une des plus prestigieuses distinctions espagnoles. En 1969, il acquiert le château de Púbol et le transforme en résidence-refuge pour Gala, imaginée comme un écrin à son image. Enfin, le 28 septembre 1974, le Théâtre-musée Dalí ouvre ses portes à Figueres, offrant à l’artiste un monument unique où se mêlent peinture, architecture et mise en scène de son propre mythe.